Parcours humain

Un peu de littérature personnelle pour nous rencontrer dans la réalité de la vie..

Ma vie puise dans son origine, l’obligation modeste de comprendre que ce que je vécus jadis comme un drame humain incompréhensible de quiconque, n’était en réalité qu’un parcours terrestre à ma mesure, voire que j’avais choisi!

Enfant, je ne trouvais pas le code relationnel aux autres, élevée hors temps scolaire par des grands-parents isolés, m’aimant séparément mais silencieux d’amour entre eux, les autres me semblaient incompréhensibles. Ma relation à mes parents devenait une quête d’affectif incommensurable et de reconnaissance totale de ma valeur, que je dissimulais par une mise à distance froide que je leur reprochais, intérieurement douloureuse, pour me couper d’eux et les forcer à l’épreuve impossible de me prouver toujours plus, repoussant les limites de mes attentes jusqu’à mon propre rejet d’eux comme modèle.

A l’effondrement de ma croyance que ma vie ne pouvait être que chez ces grands-parents idéalisés, propres sur eux, aisés mais sans amour partagé, le jour où le dernier mourut, j’entrai en lutte contre l’adversité de la vie, revendiquant l’abandon comme une blessure indépassable et l’isolement comme une réalité due aux autres qui ne m’auraient pas comprise…!

La difficulté à être amoureuse et peut-être mère ne me permirent plus de me garder à distance de moi-même, femme, humaine, sensible et créatrice.

Commença alors l’initiation du chemin de la Vie.

De voie ésotérique et mystique en rencontres et en apprentissages, de douleurs en crises de désespoir suicidaire, j’avançais comme chacun, vers ma solution, ma résolution. Je commençai à visiter des thérapeutes, tous louables et recommandés, ne persévérant en aucun effort pour me changer, exigeant le coup de baguette magique qui rendrait le monde meilleur et propre à ma vison.

La douleur, minimisée, des alertes de mon coeur, de mon corps voulais-je écrire, de jeune femme me menèrent chez Martine, ma formatrice. Dix ans me furent indispensables pour résister à l’ouverture, à l’écoute, à l’accès à mon coeur. Et quand la fissure apparut, cinq années de plus me furent nécessaires pour commencer à écouter la voix de sa Sagesse et les paroles contrariantes du groupe dans lequel j’avais trouvé une place sans confort égotique mais avec beaucoup de réconfort humain.

Seules les cinq années suivantes furent consacrées en conscience à mon réel développement, à l’amélioration de la personnalité que je manifestais et enfin à l’ouverture à la simple joie de la Vie sur Terre comme réjouissance quotidienne au coeur de l’humanité.

A priori, je pourrais dire « Que de temps perdu! », mais l’entrée en conscience que ni le temps, ni l’espace, ni les erreurs ne peuvent empêcher notre réalisation. Bien au contraire, ils permettent la révélation de notre chemin et conduisent à l’obligation de devenir humain, terrestre et incarné en respect de son Etre. Ainsi, m’apparut-il qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir qui l’on est et que surtout ce n’est jamais fini, que chaque rencontre, chaque difficulté n’est pas un grain de sable qui fait gripper la belle machine de nos attentes, mais bien une petite épreuve qui nous amène la surprise de nous découvrir dans de nouvelles dimensions que nous ignorions.

Ainsi disparut l’exigence de régner sur le toit du monde pour marcher sur le chemin, prenant le temps de voir la beauté du monde et de comprendre son prochain.

Ainsi se révéla le Chemin des Grains de Sable.

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